De Buenos Aires à Bruxelles, une internationale hayékienne…
Au départ de ce texte, il y a une demande de la part du Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) de rédiger pour le magazine Démocratie une prise de position faisant le point sur les enseignements que la situation argentine peut nous offrir à nous en Belgique. Ce rapprochement pourrait sembler de prime abord assez incongru. Il faut, on ne le dire jamais assez, se méfier des apparences et des a priori. En effet, à l’intérieur des sphères de l’éducation populaire de la FWB, l’une de ses composantes les plus connues, en l’occurrence, le centre d’Etudes Jean Gol, a organisé, l’année dernière dans le cadre de la Foire du Livre, une conférence assez peu critique, c’est le moins que l’on puisse dire, au sujet de la présidence de Javier Milei en Argentine. A cette époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, la politique de la tronçonneuse menée en Argentine faisait office de boussole idéologique à droite. La liste des coïncidences ne s’arrête pas là. Dans un passé, l’actuel directeur du centre d’Etudes Jean Gol, monsieur Corentin de Salle, a, comme nous le verrons par la suite, vulgarisé dans un programme intitulé l’École de la Liberté (et encore présent sur Youtube) la pensée de Friedrich Hayek (1899-1992). Il se trouve que Javier Milei est un fervent admirateur de Hayek. Ce dernier a, il est vrai, œuvré au grand retour de la pensée libérale. C’est d’ailleurs l’œuvre de sa vie. En tout état de cause, Hayek fait aujourd’hui figure de référence à droite. Il importe, dès lors, d’interroger idéologiquement sa pensée. Le moins que l’on puisse dire est que le mouvement social y est peu préparé en Belgique. C’est un problème car soyons lucides, le néolibéralisme est aujourd’hui dominant. C’est un fait. Or, il est impossible de déconstruire une idéologie dominante si l’on n’en connaît pas, ou de façon très sommaire, les grandes propositions.