Épinglé

Sur cette page, nous vous proposons des recommandations culturelles, des initiatives intéressantes, des coups de cœur ou des coups de gueule, pour nourir votre réflexion.

Jacquemotte dans Le Monde

13 juillet 2021

Ce 12 juillet 2021, le quotidien "Le Monde" publiait cette tribune de notre collègue Xavier Dupret intitulée "Les marges de manœuvre de l’administration Biden face à Pékin pourraient se réduire sensiblement". En voici le texte:    C’est peu dire que l’ambiance n’est plus au beau fixe entre Washington et Pékin. Depuis la rencontre houleuse d’Anchorage en mars, les choses semblent limpides. L’heure est aux sujets qui fâchent et le dernier sommet de l’OTAN n’a fait qu’accentuer les tensions. Joe Biden pourrait, néanmoins, être contraint à revenir dans les mois qui viennent à davantage de coopération avec le gouvernement chinois. En cause, le danger avéré d’une crise financière outre-Atlantique. Le ratio entre la capitalisation boursière et le PIB des États-Unis, un instrument de mesure élaboré par Warren Buffett en 2001 lors de l’effondrement du Nasdaq, vient de franchir un seuil critique. Fin juin, il s’élevait à 130%. Alors qu’à l’été 2007, la bulle des subprimes éclatait, la valeur totale des instruments financiers à Wall Street représentait 137% du PIB états-unien. Bien sûr, un indicateur considéré isolément ne permet jamais de discerner de façon indiscutable les évolutions potentielles des marchés mais on ne rétorquera pas trop vite que « cette fois,  le contexte est différent ». Il est, en effet, difficile de soutenir que les investisseurs sortiront forcément à temps de la bulle pour procéder à la réallocation de leurs portefeuilles dans la mesure où précisément, les alternatives font défaut. Ces dernières années, les cours ont été principalement tirés vers le haut en raison de l’attrait pour les valeurs numériques. De ce point de vue, la baisse drastique des taux décidée suite à la pandémie n’a fait qu’attiser cet appétit. Lorsque la survalorisation de cette catégorie de titres deviendra intenable, la poule aux œufs d’or sera morte et il sera compliqué de se déporter vers des valeurs classiques. C’est que les actions des secteurs traditionnels ont déjà largement intégré le rebond de 2021 après avoir, somme toute, peu souffert l’an dernier. A l’époque, l’action non-conventionnelle de la Fed leur avait, au demeurant, évité de connaître un plongeon trop marqué. Voilà sans doute pourquoi dans son rapport sur la stabilité financière de mai, la banque centrale américaine n’y allait pas par quatre chemins en s’étonnant du « niveau  élevé de certains actifs par rapport aux normes historiques » avant de préciser que « dans ce contexte, les cours peuvent être vulnérables en cas de baisse de l'appétit pour le risque ». On ne saurait être plus explicite. Bref, la question n’est finalement pas de savoir si une déflagration financière va frapper les Etats-Unis mais davantage quand elle surviendra. Etant donné le niveau actuel de ses taux nominaux, il ne restera sans doute plus à la Fed qu’à se diriger en territoire négatif. Les marges de manœuvre de l’Administration Biden face à Pékin se réduiront alors sensiblement. On ne peut, à ce sujet, que souligner l’importance des achats de bons du Trésor américain par la Chine. Cette dernière possédait pour près de 1.100 milliards de dollars de dette publique US fin avril. La Banque populaire de Chine est, avec le temps, devenue le troisième détenteur étatique de la dette des Etats-Unis, derrière la Fed et à un cheveu de la Banque du Japon. En cas de krach, il s’agit d’un soutien dont Washington ne peut raisonnablement se passer. De leur côté, les autorités chinoises œuvrent, certes, à une dédollarisation de leurs actifs mais n’envisagent cette perspective que sur le long terme et de manière très progressive. Il est vrai qu’une réduction trop brutale par la Chine de son exposition au billet vert se traduirait mécaniquement par une diminution du pouvoir d’achat de ses réserves de change. Il est toujours loisible d’objecter que la dégradation des relations sino-américaines s’explique avant tout par des motifs politiques et des divergences de valeurs. Ce serait peut-être ignorer que « que les hommes s'attachent aussi fortement par les services qu'ils rendent que par ceux qu’ils reçoivent » (Machiavel).

Être neutre dans une situation d’injustice, c’est être du côté de l’oppresseur

19 juin 2021

Universitaires, nous sommes fortement préoccupés par le nouveau cycle de violences que les populations palestinienne et israélienne ont subies. 278 Palestiniens dont 70 enfants ont trouvé la mort à Gaza et en Cisjordanie, et 12 Israéliens sont morts des tirs de roquettes. L’émergence des violences ne peut cependant être comprise hors contexte, et un cessez-le-feu n’empêche pas la perpétuation des injustices, discriminations et expropriations illégales. Depuis 1948, le peuple palestinien s’oppose à un régime de colonisation coupable de nettoyage ethnique, d’occupations et d’annexions de territoires, de transferts de populations et, comme l’a reconnu récemment Human Right Watch, d'apartheid C’est cette situation d’injustice, de violences et de violation constante du droit international et des droits humains que nous devons percevoir et dénoncer derrière la couverture trompeuse qui domine dans les médias belges, soit l’image de l’affrontement entre deux « camps » aux égales responsabilités.

Un manque d’action du gouvernement belge et de l’UE

Les autorités belges ne sont pas extérieures à ce que certains appellent le conflit. Outre qu’historiquement les diplomaties européennes ont organisé les conditions de son émergence en 1948, nous importons annuellement 1,67 milliard d’euros de produits israéliens fabriqués pour bonne partie dans les territoires colonisés et occupés (soit 11 % du total des exportations israéliennes à destination de l’Europe). Par ailleurs, nos universités sont activement impliquées dans des partenariats de recherche avec des institutions israéliennes, académiques comme industrielles, directement impliquées dans les politiques d’occupation, de colonisation et de violation du droit international que commet le régime israélien.
Nous condamnons fermement le manque d’action politique du Gouvernement belge et de l’Union européenne.
Nous souhaitons que les universités et institutions politiques belges et européennes adoptent une position ferme face aux violations flagrantes par Israël du droit international, à la politique illégale d’implantation de colonies et aux lois discriminatoires qui frappent les citoyens palestiniens en Israël. L’impartialité équivaut à soutenir les colonisateurs israéliens. Le cessez-le-feu négocié ne signifie pas la fin de l’occupation. Les Palestiniens continueront à souffrir de la politique israélienne d’occupation et de ségrégation.

Il faut poser des gestes forts

Nous demandons donc aux autorités belges et européennes :
1. la reconnaissance officielle de la Palestine ; 2. des sanctions contre Israël pour violation des droits humains et le remboursement des infrastructures détruites (certaines financées par l’UE) ; 3. la suspension immédiate de tout commerce d’armes entre l’UE et Israël ; 4. le boycott et le désinvestissement des institutions et entreprises israéliennes qui sont complices du régime d’apartheid et en tirent profit ; 5. l’appui à l’enquête de la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre commis par Israël en Palestine ; 6. l’arrêt immédiat du blocus de Gaza imposé par Israël et l’Égypte depuis 2006.

Nous demandons aux institutions académiques belges et européennes : 1. le recensement et l’arrêt rapide de l’ensemble des échanges que nos universités, bilatéralement ou multilatéralement, en ce compris au niveau européen, nouent avec les entités israéliennes qui soutiennent et sont complices de l’occupation et la colonisation, et profitent du régime d’apartheid ; 2. la suspension des collaborations avec les universités israéliennes dans le cadre des programmes Horizon 2020 ou Erasmus, qui menacent les droits humains ; 3. l’application cohérente des Principes des Droits de l’Homme dans la recherche et l’enseignement.   *Premiers signataires de l’appel : Marco Abramowicz, chercheur, Fondateur du Centre Aimer, ULB ; Johan Ackaert, Prof., UHasselt ; Spiros Agathos, Prof. ém., UCLouvain ; Jacques Aghion, Prof. ém., ULiège ; Mateo Alaluf, Prof. ém., ULB ; Chloé Allen, doctorante, UCLouvain ; Géraldine André, Prof., UCLouvain ; Frédéric Andrieu, Prof., UCLouvain ; An Ansoms, Prof., UCLouvain ; Elena Aoun, Prof., UCLouvain ; Karel Arnaut, Prof., KU Leuven ; Guy Bajoit, Prof. ém., UCLouvain ; Kholoud Barakat, doctorant, UCLouvain ; Nicolas Bárdos-Féltoronyi, Prof. ém., UCLouvain ; Françoise Bartiaux, Prof., UCLouvain ; Raoul Bauer, Prof. ém., KU Leuven ; Thérèse Beaupain, Prof. ém., ULB ; Pierre Bergmann, Prof. ém., ULB ; Diane Bernard, Prof., USL-B ; Thomas Berns, Prof., ULB ; Francine Bolle, Maîtresse de conférences, ULB ; Michel Bonami, Prof. ém., UCLouvain ; Olivier Bourez, Prof., UCLouvain ; Antoine Bricmont, doctorant, ULB ; Jean Bricmont, Prof. ém., UCLouvain ; Jacques Bude, Prof. ém., ULB ; Agnès Burniat, Médecin – Professeur Associé, ULB ; Martin Buysse, Prof., UCLouvain ; Guy Campion, Prof. ém., UCLouvain ; Pierre-Emmanuel Caprace, Maître de Recherche du F.R.S.-FNRS, UCLouvain ; Yves Cartuyvels, Prof., USL-B ; Isabelle Cassiers, Prof. ém., UCLouvain ; Jenneke Christiaens, Prof., VUB ; Marie-Christine Closon, Prof. ém., UCLouvain ; Valentin Couvreur, chercheur, UCLouvain ; Andrew Crosby, chercheur, UCLouvain ; Eric David, Prof. ém., ULB ; Daniel de Beer, Professeur à la retraite, USL-B ; Hubert de Condé, doctorant, UCLouvain ; Elise Degrave, Prof., UNamur ; Francis Delannay, Prof. ém., UCLouvain ; Florence Delmotte, chercheuse, USL-B ; Marc Delrez, Prof., ULiège ; Bernard Delvaux, chercheur, UCLouvain ; Bruno Delvaux, Prof. ém., UCLouvain ; Pierre Delvenne, Prof., ULiège ; Sarah Demart, Prof., ULB ; Matthieu De Nanteuil, Prof., UCLouvain ; Serge Deruette, Prof., UMONS ; Cécile de Ryckel, Prof. retraitée, HE ICHEC ECAM ISFC ; Iris Derzelle, doctorant, Université Paris-Est Créteil ; Myriam De Spiegelaere, Prof., ULB ; Yannicke de Stexhe, doctorant, UCLouvain ; Philippe Devillé, Prof. ém., UCLouvain ; Elena Di Pede, Prof., Université de Lorraine-Metz ; Jean Donnay, Prof. ém., UNamur ; Philippe Donnen, Prof., ULB ; Juliette Dor, Prof. ém., ULiège ; Colette Duez, Chargée de recherche FNRS retraitée, ULiège ; Martin Buysse, Prof., UCLouvain ; Xavier Dumay, Prof., UCLouvain ; Xavier Dupret, Prof., ISFSC ; Vincent Engel, Prof., UCLouvain ; Jacques Englebert, Prof., ULiège ; Ingrid Falque, Chercheuse qualifiée du FNRS, UCLouvain ; Bernard Feltz, Prof. ém., UCLouvain ; Isabelle Ferreras, Maître de recherches FNRS, UCLouvain ; Denis Flandre, Prof., UCLouvain ; Eric Florence, Chargé de cours, ULiège ; Camille Focant, Prof. ém., UCLouvain ; Maxime Fontaine, chercheur, ULB ; Jean Frenay, chargé de cours retraité, ULiège ; Bruno Frère, Prof., ULiège ; Jean-Marie Frère, Prof. ém., ULiège ; Geneviève Freres, Collaboratrice scientifique, UCLouvain ; Christine Frison, chercheuse, UCLouvain ; Pierre Galand, Prof. ém., ULB ; François Gaspard, chercheur, UCLouvain ; Eric Gaziaux, Prof., UCLouvain ; Yves Genin, Prof. ém., UCLouvain ; Gilles Germain, doctorant, ULB ; Marc Germain, Prof. ém., Université de Lille ; Pierre Geron, lecturer, ULiège ; Geoffrey Geuens, Prof., ULiège ; Marie Gevers, Prof. ém., UNamur ; Michel Gevers, Prof. ém., UCLouvain ; Pierre Gillis, Prof. ém., UMONS ; Laurent Gilson, doctorant, UCLouvain ; Victor Ginsburgh, Prof. ém., ULB ; Joël Girès, chercheur, ULB ; André Gob, Prof. ém., ULiège ; Corinne Gobin, chercheuse, ULB ; Xavier Gonze, Prof., UCLouvain ; José Gotovitch, Prof. honoraire, ULB, membre de l’Académie royale de Belgique ; Nathalie Grandjean, chercheuse, UNamur ; Jean-Claude Grégoire, Prof. ém., ULB ; Christin Guillain, Prof., USL-B ; Serge Gutwirth, Prof., VUB ; Philippe Hambye, Prof., UCLouvain ; Malika Hamidi, chercheuse, Université Gaston Berger ; Mejed Hamzaoui, Prof., ULB ; Julie Hermesse, Prof., UCLouvain ; Michel Hubert, Prof., USL-B ; Perrine Humblet, Prof. ém., ULB ; Mark Hunyadi, Prof., UCLouvain ; Heinz Hurwitz, Prof. ém., ULB ; Patrick Italiano, chercheur, ULiège ; Omar Jabary Salamanca, chercheur, ULB ; Marc Jacquemain, Prof. ém., ULiège ; Dominique Jacquemin, Prof., UCLouvain ; Laurent Jacques, Prof., UClouvain ; David Jamar, Prof., UMONS ; Alice Jandrain, doctorante, UCLouvain ; Bichara Khader, Prof. ém., UCLouvain ; Pierre Klein, Prof., ULB ; Sophie Klimis, Prof., USL-B ; Maryam Kolly, Professeure invitée, USL-B ; Abdelhadi Laghribi, doctorant, ULB ; Pieter Lagrou, Prof., ULB, ; Corentin Lahouste, chercheur, UCLouvain ; Pierre Lannoy, Prof., ULB ; Frédéric Laugrand, Prof., UCLouvain ; Gwenaël Laurent, doctorant, UCLouvain, ; Pierre-Joseph Laurent, Prof., UCLouvain ; India Ledeganck, doctorante, UCLouvain ; Vincent Legrand, Prof., UCLouvain ; Marc Lenaerts, Prof., ULB ; Baptiste Leroy, Chargé de cours, UMONS ; Caroline Letor, Prof., Université de Sherbrooke ; Claire Lobet-Maris, Prof., UNamur ; Céline Mahieu, Prof., ULB ; Olivier Malay, chercheur, UCLouvain ; Jacques Malchaire, Prof. ém., UCLouvain ; Pierre Marage, Prof. ém., ULB ; Christian Maroy, Prof. ém., UCLouvain, Université de Montréal ; Éléonore Martin, doctorante, UMONS ; Esteban Martinez, Prof., ULB ; Marco Martiniello, chercheur, ULiège ; Marc Mawet, Prof., ULB ; Xavier May, chercheur, ULB ; Jacinthe Mazzocchetti, Prof., UCLouvain ; Marc-Emmanuel Mélon, Prof., ULiège ; Laurence Mettewie, Prof., UNamur ; Frédérique Mies, chercheur, ULB ; Michel Molitor, Prof. ém., UCLouvain ; Anne Morelli, Prof. ém., ULB ; Marc Mormont, Prof. ém., ULiège ; Michel Mouchart, Prof. ém., UCLouvain ; Sarah Murru, chercheuse, UCLouvain ; Carla Nagels, Prof., ULB ; John Nieuwenhuys, doctorant, ULB ; Jean-Luc Nsengiyumva, chercheur, USL-B ; Aymar Nyenyezi Bisoka, Prof., UMONS ; François Ost, Prof. ém., USL-B ; Marcel Otte, Prof. ém., ULiège ; Pauline Otzenberger, doctorante, UCLouvain ; Nouria Ouali, Prof., ULB ; Christine Pagnoulle, Prof. ém., ULiège ; Constantino Paonessa, chercheur, UCLouvain ; Maurice Pasternak, Prof. ém., artiste ; Olivier Paye, Prof., USL-B ; Jean Pestieau, Prof. ém., UCLouvain ; Riccardo Petrella, Prof. ém., Président de l’Agora des Habitants de la Terre ; Charlotte Pezeril, chercheuse, ULB ; Jean-Philippe Platteau, Prof. ém., UNamur ; René Plisnier, Chef de travaux (retraité), UMONS ; Aurore Potalivo Richardson-Todd, doctorante, UCLouvain ; Jean-Jacques Quisquater, Prof. ém. UCLouvain, membre Académie Royale de Belgique ; Antoine Printz, doctorant, UCLouvain, ; Jean-Pierre Raskin, Prof., UCLouvain ; Paul Reding, Prof. ém., UNamur ; François Renaud, doctorant, UCLouvain ; Simon Ridley, doctorant, UCLouvain ; Gabriel Ringlet, Prof. ém., UCLouvain ; Claire Rommelaere, chercheuse, UNamur ; Antoine Saint-Amand, doctorant, UCLouvain ; Chloé Salembier, Prof., UCLouvain ; Jean Salmon, Prof. ém., ULB ; Alena Sander, doctorante, UCLouvain ; Pierre Yves Schobbens, Prof., UNamur ; Nicolas Schroeder, Prof., ULB ; Xavier Seron, Prof. ém., UCLouvain ; Christine Servais, Prof., ULiège ; Olivier Servais Prof., UCLouvain ; Jihane Sfeir, Prof., ULB ; Nissaf Sghaïer, doctorant, USL-B ; Thibaut Slingeneyer, Prof., USL-B ; Miguel Souto Lopez, Prof., UCLouvain ; Michel Staszewski, chercheur invité, ULB ; Bernard Stevens, Prof. ém., UCLouvain ; Jean Stillemans, Prof. ém., UCLouvain ; Lucienne Strivay, Prof., ULiège ; Marcelle Stroobants, Prof. ém., ULB ; Nozomi Takahashi, chercheuse, UGent ; François Thoreau, Prof., ULiège ; Fadel Tissir, Prof., UCLouvain ; Eszter Vamos, Prof. ém., ULB ; Emmeline Van den Bosch, assistante, UCLouvain ; Nicolas Van der Linden, Maître de conférences, ULB ; Christian Vandermotten, Prof. ém., Membre de la Classe des Lettres de l’Académie ; Marc Vanesse, Prof., ULiège ; Karel Vanhaesebrouck, Prof., ULB ; Tania Van Hemelryck, Prof., UCLouvain ; Daniel Vanhove, auteur ; Axel van Lamsweerde, Prof. ém., UCLouvain ; Pacaline Van Oost, doctorante, UCLouvain ; Sixtine van Outryve, doctorante, UCLouvain ; Dan Van Raemdonck, Prof., ULB ; Brigitte Van Wymeersch, Prof., UCLouvain ; Claude Veraart, Prof. ém., UCLouvain ; Marc Verdussen, Prof., UCLouvain ; Marie Verhoeven, Prof., UCLouvain ; Pierre Verjans, Prof., ULiège ; Pierre Viart, Chargé de cours honoraire, ULB ; Enrico Vitale, Prof., UCLouvain ; André Wénin, Prof. ém., UCLouvain ; Sébastien Wertz, chercheur, UCLouvain ; Vincent Wertz, Prof., UCLouvain ; Patricia Willson, Chargée de cours, ULiège ; Laurence Wolsey, Prof. ém., UCLouvain ; Isabel Yépez del Castillo, Prof. ém., Chercheuse IACCHOS, UCLouvain ; Vincent Yzerbyt, Prof., UCLouvain ; Karim Zahidi, docent, UAntwerpen ; Benedikte Zitouni, chercheuse, UCLouvain.

Appel à protester contre le prochain sommet de l’OTAN du 14 juin

2 juin 2021

L'Association culturelle Joseph Jacquemotte a signé l'appel invitant à protester contre le sommet de l'OTAN du 14 juin. "Le 14 juin, un sommet de l’OTAN se tiendra à Bruxelles. L’OTAN qui pousse toujours plus pour la confrontation et la militarisation, alors que la pandémie mondiale nous apprend que seule la coopération internationale garantit notre sécurité. Le mouvement de la paix belge appelle à un rassemblement le dimanche 13 juin à 13h sur le Mont des arts (Place de l’Albertine). Plus d’informations sur l’action, et liste actualisée des signataires de l’appel + lien vers l’événement Facebook. Dans “le monde d’après”, post pandémie, l’OTAN n’a pas sa place, car la guerre n’est pas un secteur essentiel !" http://www.cnapd.be/appel-a-protester-contre-le-prochain-sommet-de-lotan-du-14-juin/

Quistioni, le magazine de la Gauche Européenne

25 mars 2021

Nous saluons l'arrivée d'une revue progressiste en ligne, "Quistioni".   Cette revue se donne pour objectif ambitieux "de créer un espace public de discussion et de débat entre ceux et celles qui veulent construire l’alternative à ce monde néolibéral. Pour cette raison, il comprendra des contributions des partis membres du PGE, des intellectuels et des mouvements.Le magazine s’intitule Quistioni (en référence à la manière dont Antonio Gramsci indiquait les sujets, les problèmes), car dans chaque numéro monographique du magazine, nous voulons aborder un problème et contribuer, de cette manière, à la construction d’un projet commun d’alternative au niveau européen." Notre collègue François D'Agostino fait partie des contributeurs de ce premier numéro. http://www.europeanleftmagazine.eu/

L’Iran face aux Etats-Unis

2 mars 2021

Pour comprendre les tensions actuelles qui affectent les relations entre les États-Unis et l'Iran, il faut croiser de nombreux paramètres entre le temps long et le temps court.

RETOUR SUR L'HISTOIRE

* L'Iran multiséculaire

Dans une perspective multiséculaire, l'Iran présente trois caractéristiques majeures: - les Iraniens ont souvent eu le sentiment d'être les otages d'une géographie qui ne prête pas à l'échange et d'être entourés de populations hostiles. Une culture obsidionale s'est donc progressivement imposée. - L'Iran a développé une culture d'échanges et de tractations. - Cette grande nation porte les stigmates de l'humiliation imposée par la domination des grandes puissances. Il y a une volonté de réagir aux outrages et à l'abaissement A cela s'ajoute un nationalisme qui s'est construit sur la longue durée, qui s'appuie sur un fond culturel pré-islamique, la construction d'un État ancien et d'une indépendance non moins ancienne. Ce nationalisme qui fait consensus a longtemps été dénoncé par l'Islam. De toute son histoire, l'Iran n'a jamais été un pays impérialiste. Les frontières n'ont pas bougé et les Iraniens n'ont jamais colonisé leurs zones tampons. Cette absence de politique territoriale ne les empêche pas de conduire une politique satellitaire avec des minorités ethniques ou religieuses pour exercer une influence.

* Le temps court

La guerre Froide marque un tournant dans l'histoire de l'Iran. De 1951 à 1953, Mohammad Mossadegh devient Premier ministre. Il met en place des réformes progressistes, une démocratie laïque et nationalise le pétrole sous le contrôle anglais. Les Britanniques ont donné l'idée aux Américains du coup d’État qui renverse M. Mossadegh afin de lutter contre l'URSS, de reprendre le contrôle du pétrole et d'éviter l'émergence d'un nationalisme pouvant mettre l'Iran sur la voie du nassérisme. De facto, les Occidentaux ont annihilé un nationalisme laïc et le non-alignement. Le Shah issu de la dynastie Pahlavi accède au trône et met en œuvre une dictature féroce laminant les forces révolutionnaires. Le coup d’État américain est la matrice qui conduira les islamistes au pouvoir.

L'IRAN DEVIENT L'ENNEMI

*La révolution iranienne et ses conséquences

La Révolution islamique de 1979 et l'arrivée au pouvoir de l'Ayatollah Khomeiny remettent en cause l'ordre régional et font voler en éclat la stratégie occidentale. Cette révolution dont le caractère chiite est secondaire, marque une rupture car le pilier régional de l'hégémonie américaine tombe. L'Iran devient une République et entend exporter la révolution notamment dans les pays arabes jugés corrompus. Cela suscite la crainte des monarchies du Golfe, l'hostilité des États-Unis et d'Israël. Ce changement de paradigme exclut l'Iran de la communauté internationale mais aussi du champ religieux musulman. Il s'agit désormais de faire chuter l'Iran. -Les États-Unis et l'Arabie saoudite soutiennent l'Irak durant la guerre Iran/Irak. -Un système de sanctions se met en place avec la règle de l'extraterritorialité. Pour les Américains, ce basculement se traduit par un renforcement de l'alliance avec l'Arabie saoudite. Pour cet État rentier tout est désormais permis: crédits, armements... mais aussi développement de réseaux extérieurs (diffusion du salafisme) et d'une diplomatie interventionniste. La révolution suscite une inquiétude dans les pays du Golfe car on craint une extension de la révolution. Dans ce contexte se constitue le Conseil de coopération du Golfe (1981). L'idée est de se rassembler pour faire face à l'Iran.

*Le régime iranien et sa stratégie de défense

Depuis la révolution, on assiste à une complexification de la société iranienne. Ce modèle a une influence régionale et ce nationalisme est en lien avec un expansionnisme régional. Quand la République islamique accède au pouvoir, elle entre en contradiction avec ce nationalisme traditionnel et promeut un nationalisme fondé sur l'islam chiite. Dans ce contexte d'hostilité, elle parvient à produire une synthèse des deux. Pour comprendre la stratégie de défense de l'Iran, il est impossible de faire abstraction de la guerre contre l'Irak qui a fait un million de morts. Ceux qui gouvernent l'Iran aujourd'hui sont les vétérans de cette guerre. - Le Shah avait lancé un programme nucléaire et la République islamique s'est engouffrée dans ce sillage notamment avec la guerre contre l'Irak. Ce programme ne vise pas Israël mais plutôt des voisins dangereux et s'élabore dans la clandestinité. Il provoque une certaine émotion en Occident. - Le programme balistique constitue actuellement la capacité de riposte. Celle-ci peut faire à peu près 500 morts civils dans une première frappe. Il s'agit d'une réelle dissuasion contre tout agresseur censé. Les missiles ont une portée de 2000 km et une précision de 50m. L'Iran dispose de lanceurs suffisants. Cette capacité balistique n'est pas non plus destinée à Israël mais si Téhéran est frappée elle peut faire des dégâts de dissuasion. L'Iran est dissuasif sans avoir la bombe. L'Iran dit aux acteurs internationaux qu'elle a besoin d'être dissuasive avec son programme balistique ou nucléaire. Le pouvoir iranien avance sur ces deux voies et donne aux occidentaux la possibilité de choisir.

* Les États-Unis et la décennie 2000 au Moyen-Orient

Après l'envahissement de l'Irak (1990-1991 ; 2003) les Etats-Unis considèrent qu'ils sont en situation de multiplier les interventions notamment en Syrie, Liban, Iran et Libye. Les interventions suivent une logique d'hégémonie, d'endiguement d'une URSS moribonde, la construction d'un nouvel ordre américain autour de régions clefs. Ils veulent construire un empire non-territorialisé, avec des équilibres à distance. Au fil du temps, les Etats-Unis entrent dans une logique d'expansion classique avec un accroissement des engagements pour pérenniser leur domination : lutte contre l'URSS, les non-alignés, protéger l'approvisionnement en hydrocarbures, défense d'Israël. Après l'effondrement de l'URSS, l'interventionnisme continue. Chaque intervention engendre de nouvelles menaces, des contestations et de nouvelles interventions.

L'ACCORD SUR LE NUCLEAIRE

Cependant dès l'époque de G. Bush, les États-Unis se rendent compte que l'Arabie saoudite est un pays qui n'est pas encore assez puissant pour renverser le régime des mollahs et contrôler le Moyen-Orient. Après les attentats de 2001, une prise de distance s'opère avec Riyad amplifiée par le repli régional décidé sous B. Obama. Ce dernier fait le constat de la pérennité du régime et propose un pacte : la levée des sanctions économiques contre le renoncement au nucléaire. Des négociations s'engagent qui durent douze ans. L'accord ne prend pas en compte l'arsenal balistique. Cet accord signé à Vienne en 2015 (Chine, Russie, Union européenne, France, Allemagne, États-Unis) permet à l'Iran de réintégrer la communauté internationale. Elle peut envisager son développement économique et est reconnue comme une grande puissance. Israël s'en irrite tandis que l'Arabie saoudite rompt ses relations diplomatiques avec l'Iran (2016). Hassan Rohani et le camp des "réformistes" incarnent cette politique d'ouverture au monde. Ils laissent entendre que des mesures de libéralisation auront lieu et annoncent une amélioration des conditions économiques. En 2016, la situation de l'économie iranienne s'est améliorée : 12% de croissance, investissements étrangers, ralentissement de l'inflation.

RUPTURE DE L'ACCORD

* Dénonciation de l'accord par les États-Unis

Pendant sa campagne électorale, D. Trump a rejeté l'accord sur le nucléaire et les logiques d'affrontement ressurgissent. Les forces nationalistes et interventionnistes en proposant un nouveau plan en douze points ne demandent pas moins que la capitulation de l'Iran. Ils poursuivent plusieurs objectifs : détruire les capacités dissuasives, pousser l'Iran à la banqueroute et obtenir un changement de régime. L'Iran garde le souvenir de M. Khadafi et de S. Hussein qui ont cédé puis se sont faits écraser. La politique américaine pousse à une conflictualité plus dure. Les États-Unis s'appuient sur un groupe cohérent composé de l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Égypte et Israël mais où chacun dispose d'une certaine autonomie. Les évolutions internes de l'Arabie saoudite et notamment l'arrivée au pouvoir de Mohamed Ben Salman sont déterminantes pour la mise en œuvre d'une stratégie belliqueuse. Jusqu'alors l'Arabie saoudite se percevait comme une puissance régionale mais elle n'avait pas l'intention d'être en première ligne. Mohamed Ben Salman a une ambition régionale et expose désormais le royaume à des risques aventuriers aux conséquences catastrophiques (Liban, Qatar, Yémen, Iran). Washington rompt l'accord (2018) et instruit un triple procès à l'Iran : insuffisance de l'accord et impasse sur le programme balistique ; menées subversives entretenant le terrorisme du Hezbollah et du Hamas ; visées hégémoniques en Syrie, Liban, Yémen et Irak. Pour sa défense, Téhéran évoque les menaces qui pèsent sur sa sécurité avec la proximité des bases américaines ainsi que le surarmement de l'Arabie saoudite et d'Israël, le respect scrupuleux de l'accord, son engagement contre le terrorisme de Daesh et son absence de volonté hégémonique.

*Les conséquences des sanctions américaines

Les États-Unis et leurs alliés se sont engouffrés unilatéralement dans une logique de puissance destructrice et déstabilisatrice. Un régime de sanctions maximales (interdiction des transactions énergétiques, industrielles, financières) prive l'Iran de plus de 80% de ses recettes pétrolières (3 millions de b/j à 300 000 b/j) et de 40% ses recettes budgétaires. Les sanctions américaines ont provoqué un retournement et un environnement catastrophique. L'Iran n'a plus de capacités d'investissement et cela a des conséquences pour la société civile. Les sanctions rendent impossibles les réformes. Les sanctions décuplent les conséquences d'une crise endogène (inégalités, corruption, austérité) avec la dévaluation massive du rial, l'inflation, la récession, la fuite des investisseurs et une situation de pénurie qui paupérisent brutalement les populations. D. Trump agit en violation du droit international et impose ses choix au monde par les règles d'extra-territorialité. Par une surenchère de la force, il cherche l'asphyxie économique pour mettre à genoux Téhéran tout en escomptant un soulèvement populaire pour renverser le régime. Il tente enfin de bâtir une "OTAN arabe" coordonnée avec Israël. Cependant la stratégie de D. Trump comporte des fragilités fondées sur une évaluation biaisée du contexte et du rapport de force. Sous B. Obama, une grande partie du monde s'était rangée derrière les sanctions. Depuis la situation s'est complexifiée car Washington impose au reste du monde une politique que la plupart des pays rejettent, conscients des risques de chaos. Pour l'instant les menaces ne sont guère suivies d'effets et D. Trump s'agace de son incapacité à faire fléchir l'Iran. Comme B. Obama, il souhaite se replier du Moyen-Orient tout en multipliant les foyers de conflits avec la volonté de peser encore sur les événements. Enfin, le discrédit qui pèse sur l'Arabie saoudite, en quête d'hégémonie régionale et fer de lance de l'offensive anti-iranienne, ne lui facilite pas les choses.

* Des capacités de résistance

- sur le plan économique : Les stratégies de contournement s'avèrent pour l'instant peu efficaces mais les sanctions favorisent la contrebande et les échanges par troc. L'Iran exporte des produits manufacturés (ciment), agricoles et des œuvres d'art qui ne sont pas touchés par des sanctions et cela diminue la dépendance à l'égard du pétrole. Les sanctions ont structuré un territoire d'échanges bâtissant une forme d'intégration régionale de facto (Arménie, Syrie, Oman, Irak, Turquie, Émirats arabes unis, Kurdistan irakien). - Sur le plan politique : Les sanctions marquent aussi le durcissement et la militarisation d'un régime contesté par les mouvements sociaux, les démocrates et tous ceux qui rejettent les principes de la République islamique. L'exclusion des femmes et leur répression, le puritanisme de façade et la violation des droits humains s'accentuent. La victoire des conservateurs aux législatives en est l'illustration au prix de ce qui s'apparente à une mascarade électorale puisque 7200 candidats "réformistes" n'ont pas pu se présenter. Téhéran a déjà montré sa capacité à survivre aux sanctions. En dépit des difficultés, le régime tient car il peut compter sur un appareil sécuritaire solide, un sentiment de résistance permettant aux forces les plus conservatrices d'accroître leur unité et leur force. Même si les États-Unis leur ont fermé toutes les portes de sortie, les Iraniens cherchent à se donner les moyens d'arriver à la table des négociations la tête haute. Ils testent la détermination de D. Trump et font le pari, dans un attentisme un peu désespéré, qu'il n'ira pas au conflit d'autant que les opinions publiques y sont opposées. L'Iran n'acceptera pas l'étouffement de son économie sans réagir en répandant l'instabilité dans le Golfe et chez ses adversaires.

* Le piège de la stratégie milicienne

L'Iran n'a jamais eu l'ambition d'occuper des territoires. La lutte contre les organisations djihadistes (Talibans, Al-Qaïda, États islamiques) a donné une dimension religieuse nouvelle aux affrontements. L'Iran est ainsi devenu l'acteur principal de ce que d'aucuns appellent l'arc chiite en s'appuyant sur des milices en Syrie, au Liban, en Irak, au Yémen notamment. Si bien que l'Iran est désormais perçue comme une puissance impérialiste par ses voisins et cela a des conséquences sur la société iranienne.

* L'escalade récente

Dans un premier temps, l'Iran a joué la patience stratégique en espérant que l'Union européenne et la Chine pourraient compenser les sanctions américaines. Peine perdue, les entreprises européennes se sont désengagées alors que les chinois font des gestes mais ne compromettent pas leurs relations avec les États-Unis. Trump est déçu car il pensait que l'Iran s'effondrerait. Il adopte une deuxième vague de sanctions menaçant les pays jusqu'alors exemptés d'application. L'Iran abandonne sa patience stratégique. Elle perturbe la tranquillité de ses voisins : sabotage de navires dans le détroit d'Ormuz, destruction d'un drone américain au dessus de l'Iran et bombardement d'une installation pétrolière appartenant à Aramco en Arabie saoudite. Elle poursuit sa politique milicienne qui l'amène à être présente sur plusieurs théâtres d'opérations (Syrie, Irak, Liban, Yémen). Sur le plan nucléaire, l'Iran s'affranchit progressivement de ses obligations mais avec une possibilité de retour en arrière. Elle ne franchit pas certaines limites. Elle accepte tous les contrôles pour ne pas se priver de ses derniers alliés : Chine, UE, Russie. D. Trump a dépêché sur place un nouveau porte-avions, des bombardiers B52, des missiles Patriot, 1000 soldats et a envisagé des frappes avant de se rétracter. D. Trump entretient aussi cette tension pour stimuler les ventes d'armes et donner des gages à sa base électorale avant la présidentielle. Il met en place une stratégie d'assassinats ciblés notamment celui du général Qassem Soleimani. Israël est intervenue plusieurs fois contre le Hezbollah au Liban et en Syrie. L'Arabie saoudite à la tête d'une coalition est engagée au Yémen et entretient des groupes salafistes en Syrie et au Liban. On est donc actuellement sur un palier sur lequel les risques d'embrasement sont réels. Cependant : - Les Iraniens comme D. Trump ne veulent pas la guerre. - L'Arabie saoudite ne veut pas de confrontation. Riyad est dans une logique de désescalade. Les Émirats arabes unis savent que si un missile tombe sur leur territoire, l'économie s'effondrera du jour au lendemain. D'une certaine manière, la stratégie du pire s'est retournée contre eux provoquant une insécurisation et une instabilité témoignant de la capacité de nuisance de l'Iran. Pour autant, si l'Arabie saoudite exprime son inquiétude, elle n'est pas prête à partager le contrôle de la région. De toute évidence, il n'y aura pas de paix possible sans intégration de l'Iran dans le règlement des conflits. Tant qu'on exclura l'Iran, il n'y aura pas de solutions.

* Les mouvements sociaux

Dans ce contexte sombre, les mouvements sociaux viennent bousculer la donne. L'arbitrage par les mouvements sociaux bouleverse les calculs des puissances. Ce que l'arrogance de D. Trump n'a pas réussi à faire, ce que la passivité de l'UE n'a pas fait passer... les peuples en lutte y parviennent: en Iran, on condamne tout à la fois la politique du régime et l'assassinat de Soleimani. Les dynamiques sociales viennent régler les dynamiques du Moyen-Orient alors que la puissance ne le peut plus.

CONCLUSION

Un statu quo s'installe, chaque jour plus périlleux et propice à tous les dérapages. Une guerre multiforme risque de s'intensifier sur les fronts iraniens, syriens et libanais alimentant le terrorisme, les crises migratoires et économiques. Ce contexte régional appelle des réflexions plus générales. Évoquer une question régionale nécessite, en raison des interdépendances croissantes, de l'inscrire dans une problématique plus globale. - Derrière la dénonciation de l'accord sur le nucléaire, il y a la volonté américaine de ne pas renouveler le Traité de non prolifération (TNP). Dans ce cas, il n'y aura plus de règles sur la limitation des armements. - La décision américaine participe au démantèlement et à la négation du droit international. La force s'impose sur le droit comme en témoigne le plan de D. Trump sur la Palestine. - Les trois pays européens signataires de l'accord ont échoué à le maintenir. Le mutisme et la dénonciation théorique traduisent leur incapacité à agir et leur alignement sur les Etats-Unis. Il ne faut donc pas s'étonner que l'UE ne pèse plus rien au Moyen-Orient. Pascal TORRE responsable adjoint du secteur international du PCF chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

Still standing for culture

19 février 2021

Les artistes paient un très lourd tribut depuis le début de la crise en mars 2020. La précarité les touche de plein fouet. Les frigos se vident et, dans le même temps, un vide de sens s’installe dans nos démocraties. Il est parfaitement illégitime et scandaleux que les espaces culturels restent fermés pendant que les foules continuent de rassembler dans les supermarchés. Les travailleur·se·s de la culture, des lieux culturels et des fédérations artistiques ne se résignent pas. Via le rassemblement Still Standing, ils lancent un appel à agir, un appel à "faire culture" partout en Belgique ce samedi 20 février: "De là où nous sommes, chacun.e avec nos moyens et nos spécificités, nous ferons culture en campagne, en ville, dans la circulation, dans les transports en commun. Nous ferons culture dans les files d’attente, les lieux de consommation, les musées ou les lieux de culte. Sur les ondes, les trottoirs, les vitrines, les murs ou les façades. Dans les rues, ou sur nos balcons.". Infos sur www.stillstandingforculture.be

Annuler les dettes que nous « devons » à la BCE? En tout cas, ouvrir le débat!

14 février 2021

Le débat sur l’annulation des dettes détenues par la BCE connaît un fort retentissement en France, mais aussi en Italie, au Luxembourg, en Belgique, dans les couloirs des institutions européennes, auprès des représentants de la BCE elle-même et des différents ministères des finances de la zone euro. Ce débat est sain et utile. Pour la première fois depuis bien longtemps, les enjeux monétaires font l’objet d’une discussion publique. La monnaie cesse pour un instant d’être cet objet soustrait à la délibération collective et confiée à une banque centrale indépendante des pouvoirs politiques mais dépendante des marchés financiers. Les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25 % de la dette publique européenne est aujourd’hui détenue par leur banque centrale. Nous nous devons à nous-même 25 % de notre dette et si nous remboursons cette somme, nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d’emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses. Il y aurait pourtant une autre solution. En tant qu’économistes, responsables et citoyens engagés de différents pays, il est de notre devoir d’alerter sur le fait que la BCE pourrait aujourd’hui offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle, après la terrible crise sanitaire que nous traversons. Non pas que les États n’aient pas agi car des mesures de protection ont bien été adoptées. Mais elles demeurent très insuffisantes. Le plan de relance européen, fondé sur une enveloppe de 300 milliards d’euros à peine de subventions sur trois ans, est bien loin des 2 000 milliards d’euros demandés par le Parlement européen. Faut-il rappeler qu’avant la crise sanitaire, la Cour des comptes européenne, en 2018, indiquait déjà un besoin minimal de 300 à 400 milliards d’euros d’investissements supplémentaires par an pour financer la transition écologique en Europe ? Nous sommes loin du compte, encore plus avec la crise sanitaire. Nous ne prenons pas l’annulation de dettes publiques, fussent-elles détenues par la BCE, comme un événement anodin. Nous savons que les annulations de dette constituent des moments fondateurs. Ce fut le cas à la Conférence de Londres, en 1953, quand l’Allemagne bénéficia d’un effacement des deux tiers de sa dette publique, lui permettant de retrouver le chemin de la prospérité et d’ancrer son avenir dans l’espace européen. Mais l’Europe ne traverse-t-elle pas aujourd’hui une crise d’une ampleur exceptionnelle qui appellerait des mesures tout aussi exceptionnelles ? Par ailleurs, nous avons la chance d’avoir un créancier qui ne craint pas de perdre son argent : la BCE. Notre proposition est donc simple : passons un contrat entre les États européens et la BCE. Cette dernière s’engage à effacer les dettes publiques qu’elle détient (ou à les transformer en dettes perpétuelles sans intérêt), tandis que les États s’engagent à investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale. Ces montants s’élèvent aujourd’hui, pour l’ensemble de l’Europe, à près de 2 500 milliards d’euros. De quoi répondre enfin aux attentes du parlement européen et surtout à la sauvegarde de l’intérêt général. La BCE peut se le permettre sans aucun doute. Comme le reconnaît un très grand nombre d’économistes, même parmi ceux qui s’opposent à cette solution, une banque centrale peut fonctionner avec des fonds propres négatifs sans difficulté. Elle peut même créer de la monnaie pour compenser ces pertes : c’est prévu par le protocole n°4 annexé au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Ensuite, juridiquement, contrairement à ce qu’affirment certains responsables d’institutions, notamment de la BCE, l’annulation n’est pas explicitement interdite par les traités européens. D’une part, toutes les institutions financières au monde peuvent procéder à un abandon de créances et la BCE ne fait pas exception. D’autre part, le mot «  annulation  » ne figure ni dans le traité ni dans le protocole sur le système européen de banques centrales (SEBC). Peut-être serait-ce «  contraire à l’esprit du traité  », mais n’était-ce pas le cas également du Quantitative easing voulu par Mario Draghi ? En cette matière, seule la volonté politique compte : l’histoire nous a maintes fois montré que les difficultés juridiques s’effacent devant les accords politiques. Dissipons enfin un malentendu : il est évident que l’annulation des dettes publiques détenues par la BCE, même conditionnée à des réinvestissements, ne saurait constituer l’alpha et l’oméga de toute politique économique. D’abord, la BCE n’interviendrait que pour libérer des marges de manœuvre budgétaires aux États et n’investirait évidemment pas elle-même. Certains pensent que les taux d’intérêts faibles ou négatifs à travers l’Europe, sont suffisants pour pousser les États à s’endetter pour investir. Ce n’est pas ce que montre la réduction constante du niveau de dette publique moyenne dans l’Union européenne entre 2015, date d’apparition des taux négatifs, et le début de la crise sanitaire. Beaucoup d’États ont réduit leur niveau d’endettement au lieu d’emprunter pour investir, malgré les taux négatifs. Pourquoi cela changerait-il ? Le pacte conclu entre les États et la BCE empêchera cette stratégie de fuite devant les responsabilités. Mais il ne faudra bien sûr pas s’en contenter : d’autres mesures doivent être prises en matière de réforme des critères de dette et de déficit, de protectionnisme écologique et solidaire, de réformes fiscales visant à réduire le niveau des inégalités et à changer les comportements, d’impulsion donnée aux banques publiques d’investissement et de réforme des règles relatives aux aides d’État. Une nouvelle gouvernance européenne, notamment par le passage à la majorité qualifiée en matière fiscale, doit aussi être mise en œuvre. L’Europe ne peut plus se permettre d’être systématiquement bloquée par ses propres règles. D’autres États dans le monde utilisent au maximum leur politique monétaire, en appui de la politique budgétaire, comme la Chine, le Japon ou les États-Unis. La Banque du Japon va même jusqu’à utiliser son pouvoir de création monétaire pour acheter des actions directement sur le marché via des fonds indiciels cotés (ETF), étant ainsi devenue le plus grand investisseur du pays. Nous devons nous aussi réfléchir à nous servir du pouvoir de création monétaire de la BCE pour financer la reconstruction écologique et sociale, sous contrôle démocratique. L’annulation des dettes publiques qu’elle détient, en échange d’investissements par les États, constituerait un premier signal fort de la reconquête par l’Europe de son destin.
Initiateurs

  • Nicolas Dufrêne, haut fonctionnaire et directeur de l’Institut Rousseau ;
  • Laurence Scialom, professeure à l’université Paris-Nanterre, EconomiX ;
  • Jézabel Couppey-Soubeyran, maîtresse de conférences à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ;
  • Baptiste Bridonneau, doctorant à l’université Paris-Nanterre, EconomiX ;
  • Gaël Giraud, directeur de recherche au CNRS, président d’honneur de l’Institut Rousseau ;
  • Aurore Lalucq, économiste, cofondatrice de l’Institut Veblen ;

Liste des signataires

#France #Italie #Allemagne #Irlande #Belgique #Espagne #Luxembourg #Suisse #Suède #Portugal #Grèce #Angleterre #Hongrie France
  • Adeline Baldacchino, essayiste et haute fonctionnaire ;
  • Yves Besançon, économiste, professeur de sciences économiques et sociales, ancien attaché de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
  • Jérôme Blanc, professeur à sciences Po Lyon ;
  • Nicolas Bouleau, professeur émérite à l’Ecole des Ponts ParisTech, spécialiste des marchés financiers ;
  • Matthieu Caron, maître de conférences, université polytechnique des Hauts-de-France ;
  • Michel Crinetz, commissaire-contrôleur général des assurances honoraire ;
  • Véronique Danet, cadre du secteur bancaire
  • Ludovic Desmedt, professeur à l’université de Bourgogne ;
  • Gilles Dufrénot, professeur à l’université Aix-Marseille, chercheur associé au CEPII ;
  • Denis Dupré, enseignant-chercheur à l’université Grenoble-Alpes ;
  • Guillaume Duval, ancien journaliste économique ;
  • Etienne Espagne, économiste ;
  • Marie Fare, maîtresse de conférences à l’université Lumière Lyon 2 ;
  • Jean Gadrey, économiste, ancien professeur à l’université Lille-I ;
  • Ezzedine Ghlamallah, entrepreneur et chercheur en Sciences de gestion ;
  • Isabelle Guérin, Institut de Recherche pour le Développement ;
  • David Guilbaud, haut fonctionnaire ;
  • Jean-Marie Harribey, maître de conférences à l’université Bordeaux-IV, Co Président d’Attac ;
  • Luc Jacob, relations publiques monnaies et théories nouvelles ;
  • Esther Jeffers, professeure à l’université de Picardie ;
  • Pierre Khalfa, Fondation Copernic ;
  • Ano Kuhanathan, économiste, membre du Conseil Scientifique de l’Institut Rousseau ;
  • Valérie Lafargue, chargée de relation publiques pour Monnaie Dettes ;
  • Thomas Lagoarde-Segot, économiste, KEDGE BS &, SDSN France ;
  • Anice Lajnef, Ancien financier, entrepreneur ;
  • Gaétan Le Quang, maître de conférence à l’université de Lyon 2 ;
  • Caroline Lequesne Roth, maîtresse de conférences à l’université Nice Sophia Antipolis ;
  • Dominique Méda, professeur à l’université Paris-Dauphine-PSL, directrice de l’Institut de recherches interdisciplinaires en sciences sociales ;
  • Jacques Millery, professeur à l’EM Normandie ;
  • François Morin, professeur émérite à l’université de Toulouse, ancien membre du conseil général de la BDF ;
  • Olivier Passet, directeur des synthèses au groupe Xerfi ;
  • Thomas Piketty, directeur d’étude à l’EHESS, professeur à l’école d’économie de Paris ;
  • Dominique Plihon, professeur à l’université Sorbonne Paris Nord, membre des Economistes atterrés ;
  • Jean-François Ponsot, professeur à l’université Grenoble Alpes ;
  • Marc Pourroy, maître de conférences à l’université de Poitiers ;
  • Christophe Revelli, professeur à Kedge Business School ;
  • Catherine Samary, enseignante à l’université Paris X, membre du comité scientifique d’Attac ;
  • Patrick Saurin, syndicaliste Sud Solidaires BPCE ;
  • Claude Simon, professeur émérite de l’ESCP ;
  • Yamina Tadjeddine, professeure à l’université de Lorraine BETA ;
  • Bruno Théret, directeur de recherche à l’Institut de recherche interdisciplinaire en socio-économie (IRIS, université Paris-IX-Dauphine) ;
  • Ariane Tichit, maîtresse de conférences à l’Université d’Auvergne ;
  • André Tiran, professeur à l’université Lyon 2 ;
  • Jérôme Trotignon, maître de conférences à l’université Lyon 3 ;
  • Christian Wandebrouck, économiste et chercheur à l’Institut Rousseau ;
  • Oriane Wegner, spécialiste de régulation financière et membre de l’Institut Rousseau ;
  • Jean-Claude Werrebrouck, professeur honoraire à l’université de Lille 2 ;

Italie
  • Nicola Acocella, professeur émerite à l’université Roma La Sapienza ;
  • Piergiorgio Ardeni, professeur à l’université de Bologna ;
  • Leonardo Becchetti, professeur à l’université Rome Tor Vergata ;
  • Fabio Berton, professeur à l’ université de Turin ;
  • Maria Luisa Bianco, professeur à l’université degli Studi del Piemonte Orientale ;
  • Ines Ciolli, professeur associé à l’université Sapienza de Rome ;
  • Bruno Contini, professeur émérite à l’université de Turin ;
  • Terenzio Cozzi, professeur émérite à l’université de Turin ;
  • Claudio de Fiores,Università degli studi della Campania Luigi Vanvitelli ;
  • Mauro Gallegati, professur à l’université politecnica delle Marche ;
  • Enrico Grazzini, économiste et auteur ;
  • Anna Rita Germani, économiste, professeur à l’université Roma La Sapienza ;
  • Ugo Marani, professeur à l’université de Naples Federico II ;
  • Edmondo Mostacci, professeur à l’université de Gênes ;
  • Guido Ortona, professeur honoraire à l’université del Piemonte Orientale ;
  • Riccardo Realfonzo, professeur à l’université del Sannio ;
  • Fiammetta Salmoni,professeur à l’université degli Studi Guglielmo Marconi à Roma ;
  • Alessandro Somma, professeur à l’université Roma La Sapienza ;
  • Mario Tiberi, économiste et professeur à l’université Roma La Sapienza ;
  • Antonella Tropeano, professeur à l’université de Macerata ;
  • Giovanni Vaggi, professeur à l’université de Pavia ;

Allemagne
  • Thomas Dürmeier, économiste, co-fondateur du réseau d’économistes Netzwerk plurale Ökonomie ;
  • Joseph Huber, économiste, chair of economic and environmental sociology à l’université Martin Luther, Halle-Wittenberg ;
  • Roland Kulke, économiste, conseiller pour la fondation Rosa Luxembourg ;
  • Oliver Schlaudt, enseignant-chercheur au département de philosophie, université de Heidelberg ;
  • Michael Tellmann, ancien membre du CA d’une banque publique de développement allemande ;
  • Axel Troost, économiste, conseiller pour l’Institut d’analyse sociale de la Fondation Rosa Luxemburg ;
  • Peter Wahl, membre du Conseil Scientifique d’Attac Allemagne ;

Irlande
  • Ciaran MacanBhaird, professeur à la Dublin City University ;
  • Brian Lucey, professeur à Trinity College, Dublin ;
  • Samuel Vigne, professeur à Trinity College, Dublin ;
  • Ray Walsh, director de l’European Observatory on ICT Standards (EUOS), professeur à la Dublin City University ;

Belgique
  • Olivier Bonfond, économiste au CEPAG, co-président du CADTM Belgique ;
  • Philippe Defeyt, économiste, président de l’Institut du Développement Durable (IDD) ;
  • François Denuit, docteur en sciences politiques et sociales, collaborateur scientifique à l’Université Libre de Bruxelles ;
  • Xavier Dupret, économiste, Fondation Joseph Jacquemotte ;
  • Patrick Dupriez, président d’Etopia, centre de recherche en écologie politique ;
  • Kim Fredericq-Evangelista, économiste ;
  • Paul Magnette, professeur de sciences politiques, ancien ministre de l’énergie et du climat ;
  • André Peters, sociologue de la monnaie ;
  • Olivier De Schutter, rapporteur spécial à l’ONU, professor at the Institute for interdisciplinary research in legal sciences, university of Louvain (UCLouvain) ;
  • Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB wallonne ;
  • Eric Toussaint, docteur des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du Comité pour l’Abolition des dettes illégitimes (CADTM) ;

Espagne
  • Daniel Albarracín Sánchez, économiste, conseiller de la chambre des comptes d’Andalusia ;
  • Juan Francisco Albert, personal investigador en formación de la Universidad de Valencia ;
  • Nacho Álvarez, Economist, secretary of State for Social Rights in spanish government ;
  • Iñaki Arto, Research Professor, Basque Centre for Climate Change ;
  • Lorena Cabrerizo, economista ;
  • Oscar Carpintero, Profesor de Economía Aplicada, Universidad de Valladolid ;
  • Manuel Escudero, PhD por la LSE y Presidente del Centro de Desarrollo de la OCDE ;
  • Jorge Fabra Utray, economista y Doctor en Derecho, es Presidente de Economistas Frente a la Crisis ;
  • Sonia Farre, ex – diputada, experta en deuda ;
  • Eladio Febrero, Profesor Titular de Teoría Económica, Universidad de Castilla-La Mancha ;
  • Antonio González, Secretario General de Empleo del Gobierno de España (2006-2008) y Vicepresidente Segundo de Economistas Frente a la Crisis ;
  • Carles Manera, Catedrático de la universidad de Islas Baleares, miembro de EFC ;
  • Agustín José Menéndez, Universidad Complutense, Madrid ;
  • José Moisés Martín Carretero, economista y consultor ;
  • Cristina Monge Lasierra, politóloga y experta en gobernanza para la transición ecológica ;
  • Cristina Narbona, economista, es vocal de la Junta Directiva de “Economistas Frente a la Crisis” ;
  • Carlos Ochando, profesor de Política Económica, Universidad de Valencia, Director Máster en Política Económica y Economía Pública de la Universidad de Valencia ;
  • Isabel M. Pajares, economista ;
  • Manuel Garí Ramos, économiste, UPM Madrid ;
  • Jordi Roca Jusmet, Universitat de Barcelona ;
  • Fernando Rodrigo, sociólogo y miembro de la Junta Directiva de EFC y de la Fundación Transición Verde ;
  • Jordi Sevilla, economista ;
  • Juan Torres López, Catedrático de Economía Aplicada de la Universidad de Sevilla ;
  • Jorge Uxó, Profesor Titular de Macroeconomía, Universidad de Castilla - La Mancha ;

Luxembourg
  • Serge Allegrezza, économiste, haut fonctionnaire ;
  • Muriel Bouchet, économiste ;
  • Vincent Hein, économiste ;
  • Stéphanie Ravat, CGFP et CHFEP ;
  • Michel-Edouard Ruben, économiste ;

Suisse
  • Christian Arnsperger, professeur à l’université de Lausanne ;
  • Solène Morvant-Roux, professeure assistante à l’Université de Genève et membre du conseil scientifique de la fondation Zoein ;
  • Sergio Rossi, professeur à l’université de Fribourg ;
  • Pierre de Saint Phalle, professeur à l’université de Lausanne ;
  • Jean Michel Servet, professeur à l’Institut des hautes études internationales et du développement ;

Suède
  • Rachelle Belinga, chercheuse pour le Mistra Center for Sustainable Markets à la Stockholm School of Economics ;

Portugal
  • Francisco Louça, économiste à l’université technique de Lisbonne ;

Grèce
  • Costas Lapavitsas, économiste à la SOAS à Londres ;
  • Nicolaos Theodossiou, professeur à l’université Aristotle of Thessaloniki, Chair of SDSN Black Sea ;

Angleterre
  • Steve Keen, professeur à l’université de Kingston à Londres ;

Hongrie
  • Andor Laszlo, ancien commissaire européen, économiste

Défendre le droit de grève

24 novembre 2020

Bertrand Henne fait partie de ces hommes qui, un jour, ont sauvé, à eux seuls, l'honneur d'une profession. Au micro de La Première ce 24 novembre 2020, il a qualifié le jugement prononcé à l'encontre de Thierry Bodson et de nos camarades d'"entrave méchante au droit de grève". Ecoutons Bertrand Henne : "Cela concerne toutes les manifestations qui sortent du cadre, celles qui sont non autorisées, et ou la circulation se retrouve fortement perturbée. Se mettre "en travers de la route" semble être un modus operandi obligé. Cela brasse large, pensons aux gilets jaunes sur leurs ronds points, aux militants écologistes qui s’enchaînent en pleine rue, aux agriculteurs et leurs tracteurs qui bloque la moitié d’une ville, aux collégiens en colère qui investissent un carrefour. La voie publique est le lieu d’expression naturel des mobilisations sociales. La perturbation de la circulation est évidemment le but recherché. Bloquer un chemin de remembrement ou un terrain vague ou personne ne vous voit et ne vous entend n’a aucun intérêt, on ne se met en travers de la route de personne. Pour faire irruption dans la tranquillité de la société, pour exister, les mouvements sociaux ont littéralement besoin parfois de "faire entrave". Déranger, perturber la circulation pour "faire entrave" à des menaces jugées suffisamment grandes, des injustices jugées suffisamment profondes pour passer à l’action. Si "faire entrave" est désormais de plus en plus considéré comme "méchant", c’est-à-dire comme ayant comme objectif de nuire dangereusement à autrui, alors les mouvements sociaux ne pourront plus s’exprimer que dans le cadre des manifestations autorisées, sauf à risquer la prison. Ils n’entraveront plus la circulation mais risquent alors de ne plus faire entrave à rien du tout, ni aux gouvernants, ni aux puissants, ni à n’importe quelle autorité jugée injuste". Lire

Victor Jara, le poète au chant libre

17 novembre 2020

"Victor Jara, le poète au chant libre" est à l'origine un spectacle de jazz basé sur les poèmes du poète chilien lâchement assassiné pour ses principes par les milices de Pinochet, à peine quelques jours après le renversement de Salvador Allende en 1973. Il était en effet important de remettre en lumière cet humaniste résistant, homme de cœur, trop tôt disparu. Un devoir de mémoire. La chanteuse Lisa Rosillo et sa formidable équipe de musiciens ont récemment mené à bien le projet d’enregistrement des chansons du spectacle. Le CD "Victor Jara, le poète au chant libre" sera disponible début décembre. On peut l'obtenir moyennant un virement de 20 euros (port compris) sur le compte BE33 0355 9282 5746. Idée cadeau de fin d'année? Il est également possible d'obtenir 10 albums pour le prix de 150 euros (même compte).

Renseignements: Michel mainil

Reportage sur le spectacle: https://www.youtube.com/watch?v=f-P5rAvxp1I

Notre monde sera…

29 septembre 2020

Pour la cinquième année consécutive, l'ACJJ participe aux rencontres rouges-vertes réunissant militant·e·s progressistes, écologistes, écosocialistes et décroisant·e·s. Cette année, vu les conditions sanitaires, l'opération se déroulera en plusieurs événements répartis sur plusieurs mois pour penser le monde d’après: écologique, solidaire et démocratique. Toutes les informations sur rougevert.be.