L’impérialisme aujourd’hui

Étude2 décembre 2006 |

Préambule.

Au-delà des changements de vocabulaire – le mot « multinationale » n’existait pas en 1915 – la définition léninienne de l’impérialisme a, selon moi, remarquablement tenu la route. Ce que Lénine appelait la formation d’unions internationales de monopoles capitalistes se partageant le monde faisait clairement apparaître, au début du XXème siècle, le processus qui s’est pour suivi jusqu’à la mondialisation/globalisation que nous connaissons en ce début du XXIe siècle.

Les multinationales planent très haut au-dessus des Etats-nations-marchés nés avec l’ascension sociale et politique de la bourgeoisie. Mais, assurément, pas de la même manière partout. L’affaire VW nous rappelle que la bourgeoisie belge, après avoir été un modèle sur le plan entrepreneurial, a baissé les bras dans le courant du XXème siècle. J’ai connu, enfant, l’automobile Minerva et la moto FN. Alors qu’un pays comme la Suède produit sa Volvo, la Belgique se borne aujourd’hui à accueillir des usines de montage. Cela donne Renault Vilvorde e t maintenant Volkswagen. Donc le phénomène de déracinement des grandes industries que l’on constate un peu partout n’est pas identique partout. Les intérêts des multinationales peuvent, à des degrés divers, conserver un ancrage national. C’est le cas de VW en Allemagne, encore que cet ancrage soit tout de même très relatif puisque –on le sait-, la firme n’a pas ménagé non plus son personnel allemand: 6000 licenciements et l’allongement de la durée du travail sans compensation salariale.

Mais, s’il s’agit des Etats-Unis et même si les travailleurs n’y sont pas moins exploités qu’ailleurs, il est clair que, là, les multinationales sont à la base d’un impérialisme qui a gardé une identité nationale fortement marquée et qui, de surcroît, a réussi à se subordonner les autres impérialismes dans les circonstances que l’on sait.

Lire le texte (pdf, 194 KB)