Brexit or not brexit: ce que le référendum nous dit de la Grande-Bretagne…

Analyse9 mars 2016 | ,

Malgré un accord formel, la Grande-Bretagne met l’Union européenne en grand péril. Le sommet européen des 18 et 19 février 2016 a accouché, dans une dramaturgie savamment mise en scène, d’un nouveau statut dérogatoire pour le Royaume-Uni. C’était là la condition sine qua none pour que David Cameron, Premier ministre conservateur britannique, mette tout son poids dans la balance en faveur du maintien à l’occasion d’un référendum qu’il a lui-même provoqué. Le chef du gouvernement de sa gracieuse majesté a encore témoigné, ce faisant, de ses talents d’apprenti sorcier. En effet, c’est d’abord pour des raisons de politique intérieure – et de politique de parti – que David Cameron s’est lancé dans l’aventure périlleuse de la renégociation du statut de la GrandeBretagne et d’un référendum. Malgré ses engagements, celui du patronat d’outre-Manche et la campagne du Labour party en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, rien ne garantit que, le 23 juin au soir, les Britanniques fassent encore partie du projet politique européen, quoi que l’on puisse penser de ce dernier.

L’Europe, facteur de crise au sein du parti conservateur

L’Europe a toujours été la pomme de discorde au sein du parti conservateur britannique. En 1993, après la ratification du traité de Maastricht, une première rupture s’opère, alors que Margaret Thatcher a été contrainte de passer le leadership du parti et les clés du 10 Downing Street (résidence des premiers ministres britanniques) au pâle John Major. Les plus eurosceptiques des Tories vont quitter la vieille maison pour rejoindre l’United King dom Independence Party (UKIP – parti de l’indépendance du Royaume-Uni). Depuis, ce parti aux thèses europhobes et notoirement antiimmigration a vivoté. Jusqu’aux élections européennes de 2014 qui l’ont vu grand vainqueur d’un scrutin déprécié et marqué par une forte abstention. Il obtient en effet 27,5 % des voix et 24 élus au parlement de Strasbourg. Pourtant, le parti eurosceptique n’a pas réussi à confirmer lors des élections générales du 7 mai dernier. Il arrive certes en troisième position, capitalisant quatre millions de voix et 12,6 % des suffrages mais n’obtient qu’un membre du Parlement.

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