L’Etat belgo-flamand et la NVA

Analyse1 septembre 2016 |

Pour les lecteurs peu familiarisés avec les idées véhiculées par le mouvement wallon, on définira, tout d’abord, le concept d’Etat belgo-flamand tel que proposé par André Renard. A l’occasion des grèves de 60-61, ce dernier a insisté sur le fait que le centre de gravité de l’économie avait commencé à glisser de la Wallonie à la Flandre.

Dès lors, la tradition renardiste n’a cessé de dénoncer une mainmise de la Flandre sur l’économie belge au détriment des intérêts wallons. Cette mainmise passait, selon Renard, par le maintien d’un cadre unitaire qui permettait à la Flandre d’orienter les aides publiques à l’économie à son profit.

Belgique flamande

De 1959 à 1979, les lois d’expansion économique ont permis que plus de 860 milliards de francs belges soient investis dans l’industrie. La métallurgie, les fabrications métalliques et la chimie en ont bénéficié à 75%. La Wallonie a reçu de près de 40% de ces aides tandis que la Flandre a perçu 58% d’entre elles (le reste est allé à Bruxelles). En Wallonie, les aides publiques ont eu pour fonction de pallier le désengagement du secteur privé local. Les investissements en Wallonie qui procédaient des lois d’expansion économique correspondaient, en réalité, à des opérations de rationalisation de l’outil industriel wallon qui avait mal vieilli. Le chômage a donc eu tendance, dès cette époque, à augmenter en Wallonie. Dans le domaine de la sidérurgie, les aides se répartissaient comme suit : 67% en Wallonie contre 33 % en Flandre. Par contre, pour ce qui est des secteurs d’avenir (chimie et fabrications métalliques), la Flandre a reçu la toute grosse part des investissements (65% pour les fabrications métalliques et 69% de l’aide pour la chimie) et la Wallonie n’a bénéficié, à la même époque, que de 30% des aides liées à ces deux secteurs. Au début des années 80, le ministre (flamand) des affaires économiques Willy Claes (SP) donne indirectement raison au mouvement wallon en constatant un grave déséquilibre dans la répartition des aides (29% pour la Wallonie contre 65% en faveur de la Flandre en 1979).

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